LES 4 AXES DES TRAVAUX ET RECHERCHES
de
L'INSTITUT DES DESERTS ET DES STEPPES

AXE 1 : celui des « ARCHEOPIONNIERS » (mécénat archéologique personnel)
Recherches archéologiques réalisées par l’Institut, avec le partenariat financier et opérationnel de personnes privées (chefs d’entreprises, cadres supérieurs, professions libérales), appelées « archéopionniers » (terme déposé à l’INPI), qui consacrent de l’argent au titre du mécénat scientifique et du temps de travail à des travaux archéologiques sur des sites choisis par l’Institut.

- A propos de cet axe 1, voir le site dédié aux « Archéopionniers » : lesarcheopionniers.com


AXE 2 : celui du « MECENARC » (mécénat archéologique d’entreprise)
Recherches archéologiques réalisées par l’Institut et financées au titre du mécénat scientifique par des entreprises françaises oeuvrant à l’étranger, sur des sites archéologiques choisis par elles.

- A propos de cet axe 2, voir le site dédié au « Mécénarc » : lemecenarc.fr


AXE 3 : celui de l’ARCHEOLOGIE AUTOFINANCEE
Recherches archéologiques réalisées par l’Institut et financées par ses fonds propres, sur des sites dans lesquels ni les « Archéopionniers », ni le « Mécénarc » n’interviennent (ou pas encore, ou plus).

- A propos de cet axe 3, voir ci-après, à titre d’exemple, la « Mission archéologique de l’Institut des déserts et des steppes en Mongolie ».


AXE 4 : celui de la VALORISATION DU PATRIMOINE DES CULTURES TRADITIONNELLES
Travaux et recherches réalisés par l’Institut et financés par ses fonds propres pour la constitution de collections ethnologiques réunissant en des ensembles cohérents les pièces les plus significatives des cultures traditionnelles de certains pays dans lesquels l’Institut a, par ailleurs, une activité archéologique.

- A propos de cet axe 4, voir ci-après la note d’information « La valorisation du patrimoine des cultures traditionnelles ».


EXEMPLE D’ARCHEOLOGIE AUTOFINANCEE : LA MISSION ARCHEOLOGIQUE
DE L’INSTITUT DES DESERTS ET DES STEPPES EN MONGOLIE


Origine de la création de cette Mission en 1993
A la suite de l’Expédition internationale « Routes de la Soie » organisée par l’UNESCO durant l’été 1992, à laquelle l’Institut des Déserts et des Steppes a participé, et du Séminaire au cours duquel ont été formulées les conclusions et les recommandations de cette Expédition, le Gouvernement mongol a demandé à l’UNESCO d’apporter sa contribution aux recherches archéologiques à mener en Mongolie, puis le Directeur Général de l’UNESCO a adressé une lettre de mission au Président de l’Institut des Déserts et des Steppes, le Professeur Théodore MONOD, lui demandant de « mettre en œuvre des moyens qui puissent permettre au peuple mongol de mieux connaître ses origines », et l’assurant de son « soutien institutionnel et financier ».

Principales recherches réalisées en Mongolie depuis la création de la Mission

De 1994 à 2015, la Mission a conduit, sans aucune discontinuité, des recherches sur les différentes époques de la Préhistoire et de l’Histoire de la Mongolie :

- Période paléolithique : étude de la grotte ornée de Hoït Tsenkher et du site de Moiltyn Am
- Période néolithique : fouille du site de Tamsag Bulag
- Age du Bronze : découverte de deux cultures nouvelles dans l’Altaï mongol, la « culture de Sagsaï » et la « culture de Tsengel », fouille archéologique exhaustive d’un ensemble funéraire de l’Age du Bronze Moyen (en voie de publication).
- Premier Age du Fer : découverte et fouille archéologique de 30 tombes des Scythes orientaux de la culture de Pazyryk dans l’Altaï mongol, découverte de deux sarcophages monoxyles de cette époque et de plusieurs centaines de vestiges culturels.
- Second Age du Fer : étude et fouille archéologique exhaustive d’un grand ensemble funéraire d’une centaine de tombes (Egyin Gol) et début de fouille archéologique d’une nécropole impériale (Gol Mod).
- Période médiévale : fouille archéologique de 3 tombes de personnages importants de l’époque gengiskhanide, découverte de très beaux vestiges culturels.

AXE 4 DES TRAVAUX ET RECHERCHES
DE L’INSTITUT DES DESERTS ET DES STEPPES :

LA VALORISATION DU PATRIMOINE DES CULTURES TRADITIONNELLES

Nombreux sont les pays dans lesquels l’Institut des déserts et des steppes intervient au titre de l’archéologie et dont les cultures traditionnelles sont restées vivaces, tout au moins jusqu’au milieu du XXème siècle.

Conscient des menaces que la mondialisation galopante des modes de vie et des pratiques culturelles faisait peser sur l’authenticité de ces cultures traditionnelles, l’institut des déserts et des steppes a considéré dès l’origine (et même bien avant sa création officielle) comme étant de ses devoirs de consacrer une partie de ses moyens et de ses travaux à sauvegarder quelques vestiges des cultures traditionnelles qui allaient se fondre dans le creuset de l’uniformisation générale.

C’est ainsi qu’ont été constituées peu à peu, au fil des années et à l’occasion de missions archéologiques de l’Institut, plusieurs collections que l’on pourrait qualifier d’ethnologiques, réunissant en des ensembles cohérents divers vestiges des cultures matérielles traditionnelles : vêtements et parures, bijoux, armes anciennes, vanneries, céramiques, etc., ainsi que des photographies, dessins, peintures attestant les modes de vie de ces populations.

Les trois exemples présentés ci-après illustrent cette démarche volontariste de l’Institut, grâce à laquelle des témoignages irremplaçables de plusieurs cultures traditionnelles ont été sauvés de l’oubli.

1 – EGYPTE : Collection « Peuples du désert et des oasis en Egypte »
Cette collection est composée de plusieurs centaines de pièces provenant de différents secteurs du territoire égyptien, à l’exception de la Vallée du Nil, donc portant sur les 97 % de ce territoire : oasis côtières de la Méditerranée et du Sinaï, oasis de Siwa, oasis du désert libyque (Bahariah, Farafrah, Dakhlah, Khargah), oasis du désert arabique (peuples Béchari et Hadendawa, qui vivent entre le sud du Tropique du Cancer et la frontière nord du Soudan).

La collection est particulièrement remarquable par un grand nombre de robes de femmes, multicolores et brodées main, par de somptueux bijoux en argent et en or, par des céramiques et des vanneries semblables à celles du Nouvel Empire égyptien vieilles de plus de trois millénaires et qui sont exposées au musée du Louvre…

A la collection proprement dite des vestiges matériels ont été ajoutés quatre ouvrages réalisés par Pierre-Henri GISCARD, qui ont pour titre général « Peuples du désert et des oasis en Egypte » et pour sous-titre particulier à chacun :

  • Présentation de la collection, répertoire descriptif des pièces

  • Contribution à l’étude culturelle des pièces de la collection

  • Dossier d’archives photographiques (1960-1992), constitué à la demande de la Direction des Musées de France, tome 1 : Oasis Méditerranée-Sinaï et oasis de Siwa

  • Dossier d’archives photographiques, tome 2 : Oasis du désert libyque et oasis du désert arabique


Cette collection et ces documents ont fait l’objet d’une donation au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse. 



2 – MONGOLIE : Collection « Culture traditionnelle des nomades mongols »
Depuis un quart de siècle, l’Institut des déserts et des steppes est implanté en Mongolie et y a réalisé chaque année plusieurs Missions archéologiques, qui ont porté successivement sur toutes les périodes de la préhistoire et de l’histoire de ce pays, depuis le Paléolithique supérieur jusqu’à l’époque gengiskhanide.


Lors de l’arrivée de l’Institut en Mongolie, sous la bannière de l’UNESCO et à la faveur du changement de régime politique consécutif à l’écroulement de l’Union soviétique, la culture traditionnelle des nomades et leur mode de vie ancestral dans la steppe n’avaient guère changé depuis des siècles. Mais, en quelques décennies, tout a basculé : beaucoup de nomades ne portent plus leurs costumes traditionnels, si ce n’est pendant les jours de fête ; les parures des hommes et des femmes, qui étaient somptueuses, en argent, jade, corail, etc., ont été vendues en grand nombre, via des antiquaires, à des collectionneurs étrangers ; les meubles de leurs yourtes, très artistiquement peints, ont été remplacés par des « cantines » métalliques, plus facilement transportables lors des transhumances saisonnières, et les yourtes elles-mêmes se sont équipées peu à peu de panneaux solaires, de paraboles et de téléviseurs… A tout cela, rien à redire, si ce n’est la disparition progressive des témoignages matériels d’une des cultures les plus spécifiques de la Planète…

C’est pourquoi l’Institut des déserts et des steppes a entrepris, dès son arrivée dans le pays, de collecter des pièces authentiques de cette culture traditionnelle : costumes d’hommes et de femmes, y compris de chamanes, bijoux et parures, instruments de musique, y compris tambours de chamanes, meubles de yourtes peints à l’ancienne, armes de défense et d’attaque, etc., ainsi que plusieurs collections de peintures produites par des artistes mongols contemporains, réunies avec le concours de l’association culturelle « Orient Expos », ces peintures ayant pour double spécificité d’être réalisées à l’encre de Chine et de représenter des scènes de la vie des Mongols des siècles passés.

La collection des pièces de la culture matérielle des Mongols, encore en cours de constitution et d’étude, est destinée à une donation au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse. Les collections de peintures ont fait l’objet de donations au Musée des Arts Asiatiques de Toulouse et à d’autres musées français.

3 – Péninsule arabique : Collection « Bijoux traditionnels de la Péninsule arabique : Arabie saoudite, Yémen, Sultanat d’Oman »
Dans les années 1980-1990, les effets économiques et sociaux de l’exploitation intensive du pétrole et du gaz n’avaient pas encore impacté les cultures traditionnelles des bédouins, en Arabie saoudite, au Yémen, au Sultanat d’Oman. En l’absence quasi totale d’infrastructures routières et hôtelières, le tourisme y était rare. Sur les pistes chamelières, on ne trouvait que des bédouins, évidemment à dos de chameaux. Et, dans les souks des oasis, vétustes et poussiéreux, l’arrivée d’un visiteur occidental créait la surprise…

Comme dans les autres pays dans lesquels des événements économiques ou politiques majeurs bouleversaient les modes de vie des populations, la Péninsule arabique n’allait pas échapper à ce phénomène de mutation. Qui n’a pas revu ces pays depuis trente-cinq ou quarante ans ne les reconnaît pas. Et surtout n’y retrouve plus, si ce n’est dans quelques arrière-boutiques des souks, tout ce qui faisait la splendeur du « Pays des Mille Nuits », en particulier ces lourds bijoux d’argent que les hommes et les femmes d’antan portaient fièrement à leur front, à leur cou, à leurs oreilles, à leurs poignets, voire à leurs chevilles, parfois aussi à la ceinture des hommes (poignards d’apparat).

L’Institut des déserts et des steppes est fier d’avoir constitué, dès cette époque, une belle collection de bijoux des trois grands pays de la Péninsule arabique, dans laquelle on pourra désormais voir réunies les pièces les plus caractéristiques de leurs cultures traditionnelles, qui vont devenir des « pièces de musée » et que l’on ne verra plus guère sur le terrain.

Cette collection est actuellement en cours de restauration, d’étude approfondie, de valorisation par un enregistrement photogrammétrique en 3 D et par la préparation d’une publication. Destination de la collection : en attente d’affectation.